Au fil du Danube : Serbie, Hongrie et Slovaquie
Au fil du Danube : Serbie, Hongrie et Slovaquie

Au fil du Danube : Serbie, Hongrie et Slovaquie

La Serbie est un pays des Balkans, et la première chose qui me réconforte, c’est que l’on y parle le serbe certes, mais que la majorité des mots ressemblent au croate !! Les souvenirs reviennent vite. La seconde qui me fait du bien en Serbie, c’est le délicieux accueil de ses habitants. Les gens sont d’une pure gentillesse. La monnaie locale est le Dinar (un euro équivaut à 118 RSD environ). Belgrade est la capitale de ce pays slave.

Anecdote de mon premier jour : j’étais installé à une terrasse, à siroter mon chocolat chaud. Au moment de le payer, le commerçant m’annonce que le client qui vient de partir à régler ma consommation !! Je cours hors du bistrot pour le remercier, mais personne à l’horizon… Si gêné, je ne savais plus quoi dire, simplement MERCI !! C’est preuve que dans les cafés, ou autres lieux de vie public, il y a dans ce monde, encore des gens qui arrivent à porter attention à de parfaits inconnus. Ce qui est perturbant, c’est que je ne verrai jamais qui était cette personne, pourtant elle voit très bien qui je suis ^^… Nous devrions tous être alimenté par ces élans de bonté. A l’avenir, je me fais la promesse d’encore plus observer les gens qui m’entoure, et par quelconque moyen, être maître d’une action qui apportera bonheur à mon prochain. S’il y a bien quelque chose qui est inépuisable lorsqu’on est en quête de bonheur, c’est le don. Les personnes qui ont l’habitude de donner sont bien plus heureuses dans leur vie, c’est scientifiquement prouvé. Le tout est de trouver le bon équilibre =).

Durant la traversée du pays, je me suis laissé guidé par les rencontres et surtout par le Danube. C’est agréable de retrouver un fil directeur naturel : le cerveau se repose sur le choix d’itinéraire et se concentre uniquement sur ce que la nature peut offrir. Les deux premiers jours, je sillonne au sein des canyons au fond desquels s’écoule le fleuve. Par moment quelques grimpettes me permettent d’atteindre des panoramas incroyables. Je me retrouve vite accompagné par de petites pluies, le soir je dégotte des abris de fortune (ponts, ruines) mais qui font tout à fait l’affaire. J’ai le souvenir d’un matin froid et si pluvieux, qu’un ancien policier (Arton) me stoppe dans mon avancée, m’invite au bistrot du coin, et m’offre de quoi me restaurer. Nous discutons de ses futurs projets : il souhaite accueillir dans son jardin des cyclo-voyageurs et partager des moments autour de grillades de poissons et de balades au bord du fleuve !! J’adore l’idée =). Je note avec attention les conseils d’Arton pour les prochains jours, puis nous nous quittons. J’arriverai à Belgrade le soir même.

Deux jours pleins au sein de la capitale m’ont suffis afin d’en apprécier les lieux. C’est une ville simple à visiter, charmante, avec des accès aux rives du Danube et de la rivière Sava très agréables. Sa forteresse surplombe la rencontre de ces deux cours d’eau. Il y règne une certaine douceur de vie. En quittant la ville, je prends le temps de flâner dans les ruelles du petit village de Zemun, avant de rejoindre le superbe cœur de village de Sremski Karlovci. Là, une famille serbe vient s’asseoir à côté de moi et veulent tout savoir du périple. Ils me voient émus quand je leur conte les passages dans l’Est turque, et perçoivent l’importance qu’ont les rencontres pour moi. Je les remercient pour ce délicieux moment en leur compagnie. En partant, ils m’indiquent une auberge pour la ville de Novi Sad tenue par un de leur ami. L’accueil qui m’y est réservé est fabuleux. Je n’ai manqué de rien !! Merci !!

Voici l’un de mes tronçons préféré le long du Danube : de Novi Sad à Budapest (en Hongrie). Surtout la partie Serbe. J’y suis tombé amoureux : cinq journées au cœur d’une nature préservée, avec l’arrivée des beaux jours, des spots de bivouac magiques, des couchés et levés de soleil somptueux. Et pour couronner le tout : la rencontre avec Roman, ou encore Milan (un garde forestier), et toutes celles avec la faune locale. Cela passe par des familles de sangliers, des biches et des cerfs, des chevreuils, des castors, des lièvres, des oiseaux à foison et j’en passe. Que ça fait du bien de se sentir entourer de toute cette vie, et de partager des moments en leur compagnie. S’arrêter, écouter, et voir les forêts vivre. Milan a pris la fin d’après-midi et le début de soirée pour m’expliquer comment il recensait les animaux, comment reconnaître tel ou tel oiseau. Tout cela autour de bières qu’il a sorti de ses sacoches, et avec les vivres qu’il me restait, je nous ai concocté un petit pique nique improvisé =). Que demander de plus ? La définition du bonheur =).

Je souhaite prendre le temps de vous conter deux rencontres improbables. La première se déroule un matin lors du levé du soleil (autour de 5h), en pleine forêt avec le Danube en toile de fond. Je m’installe pour soulagé mon intestin grêle après avoir soigneusement choisi l’emplacement. Une fois en position, je lève les yeux pour apprécier la vue : et je vois un cerf qui relève la tête et me fixe du regard tout en broyant ce qu’il avait dans la gueule. La connexion dure une dizaine de seconde, je me sens captivé, comme enivré par la bête. Mon corps entier est traversé d’un grand frisson. Le cervidé ne porte plus qu’un bois sur les deux. Il se repenche une fois de plus pour se relever et s’en allé comme si de rien n’était, serein, sans s’apercevoir du merveilleux cadeau qu’il venait de me faire. Je n’ai jamais été autant touché par la puissance d’un regard !! Il m’a fallu un petit instant pour me souvenir pourquoi j’étais dans cette position, le cul à l’air ^^. Je me souviendrai de ce dépôt de bilan toute ma vie ^^. Les explications que m’avait donné Milan hier m’ont fait écho : les cerfs perdent leurs bois autour des mois de février-mars. Je suis surement tombé sur le dernier uni-corné du coin.

La deuxième rencontre était celle d’un soir, lors d’un sublime couché de soleil. Il n’y a plus que les couleurs rougeâtres présentes pour terminer de m’apaiser de la journée. Ou presque. Assis sur mon caillou, j’aperçois quelque chose glisser sur les eaux calmes du fleuve. A ma hauteur, la masse stagne et se rapproche du rivage. Je m’approche également et l’animal engage une plongée en faisant claquer sa queue sur l’eau. Je sursaute, et me rend comte que c’était un castor !! En tendant l’oreille, effectivement, un peu plus en amont, plusieurs de ses camarades grignotent un tronc à moitié immergé. Je crois qu’ils étaient aussi curieux que je pouvais l’être : chacun leur tour, ils s’approchaient de la rive pour s’en échapper. Je les ai surement dérangé, je décide donc de regagner ma tente pour les laisser travailler en paix ^^.

Me voilà sur le point d’entrer dans l’espace Schengen : je passe la frontière direction la Hongrie !! Le pays fait partie de l’Union Européenne, sa monnaie est le forint (un euro valant environ 370 HUF). Nouvelle langue, nouvelles adaptations, ce qui évite au cerveau de s’encroûter =). Je suivrai donc le Danube jusqu’à Budapest, la capitale du pays. Les rives sont plus aménagées qu’en Serbie, mais cela ne leur enlève aucun charme. J’adore les douces couleurs matinales printanières : le chant des oiseaux, l’éclosion des bourgeons et des fleurs. Il faut dire qu’en me couchant autour des 20h, je suis en forme pour attaquer la journée autour des 6h =). Me voilà sur le point d’entrer dans l’espace Schengen : je passe la frontière direction la Hongrie !! Le pays fait partie de l’Union Européenne, sa monnaie est le forint (un euro valant environ 370 HUF). Nouvelle langue, nouvelles adaptations, ce qui évite au cerveau de s’encroûter =). Je suivrai donc le Danube jusqu’à Budapest, la capitale du pays. Les rives sont plus aménagées qu’en Serbie, mais cela ne leur enlève aucun charme. J’adore les douces couleurs matinales printanières : le chant des oiseaux, l’éclosion des bourgeons et des fleurs. Il faut dire qu’en me couchant autour des 20h, je suis en forme pour attaquer la journée autour des 6h =). Personne sur les sentiers, parfait pour que le cerveau se connecte à l’essentiel =). La douce vie qu’ont les gens en vivant au rythme du fleuve me séduit.

Ce sont quatre jours dont j’aurai besoin pour profiter pleinement de Budapest. La ville regorge de surprises à chaque coin de rue. Son parlement, ses châteaux, ses palais, ses jardins, ses fameux bains thermaux !! C’était le moment de me refaire une santé =). Celui qui veut visiter à la force de ses jambes a de quoi crapahuter !! Budapest est considérée comme une des plus belles villes d’Europe et comme la perle du Danube, avec plusieurs sites classés au patrimoine mondial de l’Unesco. Ses mélanges d’architecture ottomane et austro-hongroise lui confère un charme évident sous lequel il est aisé de tomber. Après cette pause dans le voyage, je reprends la route vers la Slovaquie. Je n’y transiterai que deux jours, la météo se dégradant, je décide de rejoindre Vienne (Autriche) assez rapidement. Et rien ne me retient en Slovaquie, que ce soit humainement parlant ou bien de par les paysages traversés. Bratislava, la capitale n’a pas eu grand intérêt à mes yeux non plus.

Itinéraire pour les curieux.

Quelques points de passage en Serbie, Hongrie, Slovaquie : Tekija, Donji Milanovac, Ram, Belgrade, Novi Sad, Backo Novo Selo, Apatin, Backi Breg, Baja, Dunavecse, Budapest, Pilismarot, Komarno, Bratislava.