La Turquie : littoral sud
La Turquie : littoral sud

La Turquie : littoral sud

Depuis Dalyan, je suivrai le littoral pour rejoindre Antalya. Une bonne semaine de farniente, mais pas que ^^. Pour commencer, à Fethiye je choisi de dormir en auberge de jeunesse. J’y rencontre des voyageurs extras dont Dimitri. Mon périple le passionne, il m’invite à manger : on se fixe rendez-vous chez lui à Moscou l’an prochain sur la fin du voyage !! Ca me paraît si loin en l’écrivant. Ca a du bon parfois de retrouver des lieux d’échanges comme les auberges. Sous une tente, je ne peux donner rendez-vous qu’au renard du coin (et encore, il pourrait me planter ^^). Fethiye est sans grand intérêt, mais l’attrait majeur est situé dans ses hauteurs : le village de Kayaköy. En raison de la fuite des populations grecques d’Asie mineure (suite aux guerres avec les turcs) et d’un tremblement de terre survenu dans les années cinquante, Kayaköy est devenu un village fantôme. La végétation a repris ses droits, se mariant avec la pierre des ruines. Il y règne une atmosphère particulière, on sent que de terribles évènements se sont produits ici, mais que la nature essaie de tout effacer, tout apaiser. Je repars comme reposé, et ressourcé.

En contre bas du village, à Ölüdeniz, Said m’interpelle : il a voyagé l’été dernier à vélo en Géorgie et veut m’inviter à manger durant sa pause déjeuner. J’ai maintenant appris à ne plus refuser l’hospitalité : ça m’a valu de supers conseils pour la suite du parcours =). Arrivé sur la baie qui porte le même nom, un vent à décorner des bœufs vient de la mer. Je n’avais encore jamais été confronté à une aussi grande puissance !! Je m’engage tout de même pour l’ascension de 1000 mètres qui m’attend. Le vent me stoppe à plusieurs reprises, me fait tomber, déchausse mon casque. Quand une grosse rafale survient et me coupe le sifflet !! Alors je l’insulte, de tous les noms, mais il répond encore plus fort. Comme un gamin je m’excuse, et rebelotte, comme pour me punir il me couche. Aujourd’hui, mon plus fidèle compagnon de route a décidé d’abattre mon moral. Mais je ne compte pas lui donner raison, je poursuis. Son souffle est de plus en plus insistant, et il n’y a rien de plus éprouvant moralement que de se voir avancer au pas. Un sentiment d’injustice m’envahit suivi d’un excès de rage et j’engueule tout ce que je vois (même les buissons ^^). Quand je réalise dans l’état dans lequel je suis, je ne me reconnais pas. Alors dans ma tête je me dit qu’il y a certainement un message, qu’il vaut mieux abandonner et tout redescendre. Quand soudain, un camping car slovène me croise et s’arrête. Claudia et Fadil (accompagné de leur petit garçon de 4 ans) m’expliquent qu’ils ont dû faire demi-tour car le vent était trop violent en approchant du col. Ils ne me laissent pas le choix, Fadil prend mes sacoches et mon vélo qu’il charge dans le camping car.

Me voilà parti en sens contraire, et sans pédaler !! Ca me perturbe énormément les premiers instants… Je trahis le sens premier de mon projet : voyager à vélo !! Claudia et Fadil me voient mal à l’aise mais très vite ça passe, car nous échangeons et discutons de nos vies respectives. Je crois au destin, aujourd’hui je me devais de les rencontrer, ils m’ont certainement évité une belle galère si j’avais continué à pédaler. Nous passerons une superbe soirée sur la plage de Patara, abrité du vent qui continue de s’exprimer à grande voix. Cette nuit, je dormirai sous une petite paillotte utilisée pour vendre des souvenirs en journée. Dans la nuit, les deux paillottes voisines ont été arrachées par le vent !! Le matin, on observe les dégâts ^^. Il fait grand beau et pas une brise en vue.

C’est ce matin là que je rencontre Léa et son petit garçon Tim de 5 ans, deux suisses de Bâle. Ils sont sur les routes depuis cinq mois et nous ferons route ensemble durant trois jours. Léa est la preuve vivante que voyager seule avec un enfant est faisable !! Pour toutes les personnes qui n’oseraient pas se lancer ^^. Les paysages jusqu’à Kemer sont incroyablement bleus : du ciel à la mer. Nous en prenons plein les yeux, et poussons des cris d’émerveillement à chaque virage s’ouvrant sur la belle bleue !! Peu de kilomètres défilent chaque jour, c’est le moment de prendre le temps et de se laisser vivre. Nos spots de bivouac (cinq étoiles) sont tellement simples à dégoter par rapport au reste du séjour, tout est facile sur ce littoral. Je quitte Léa et Tim deux jours avant d’arriver à Antalya. Ville à partir de laquelle un bus m’a permis de rejoindre Nevsehir : l’entrée de la cappadoce. Je gagne ainsi six à sept jours de vélo. Pourquoi ce choix ? Devant entrer en Iran le 26 décembre, j’ai envie de profiter et prendre le temps dans l’Est de la Turquie. Je peux vous dire à présent que je ne regrette en rien mon choix =). La suite dans le prochain article ^^.

Itinéraire pour les curieux

Quelques points de passage de Dalyan à Antalya : Fethiye, Kayaköy, Öludeniz, Patara beach, Kalkan, Kas, Kaleüçagiz, Demre, Finike, Kemer, Antalya.